Faut-il bannir les portables des salles de cours ?

Les appareils mobiles (ordinateurs portables, tablettes, téléphones portables ou smartphones) sont aujourd’hui omniprésents dans les salles de cours. A titre d’exemple, dans une enquête récente menée à l’ULB (Van der Linden & van de Leemput, 2014), 95,5 % des étudiants déclarent avoir un ordinateur portable à disposition et 41% l’utiliser au cours pour des informations relatives à leurs études et à l’université (bien que l’enquête ne précise pas à quelle fréquence). 

Face à un phénomène en pleine explosion mais aux implications complexes, les enseignants restent globalement hésitants sur l’attitude à adopter (Lindroth & Bergquist, 2010). Selon Kay et Lauricella (2011), trois attitudes sont a priori possibles : laisser faire, interdire les portables, ou les accepter en les intégrant dans son scénario pédagogique. Si les enseignants sont très largement conscients des inconvénients de la floraison d’écrans qui leur font face (comme les risques de distraction pour l’utilisateur, pour les voisins ou pour eux-mêmes), ils sont très peu à intervenir, que ce soit pour les interdire ou pour les intégrer à leur enseignement ; c’est donc plutôt le laisser faire qui prévaut (Hammer et al., 2010). Les mêmes hésitations se retrouvent au niveau institutionnel, avec des universités qui oscillent entre programmes de soutien à l’acquisition de portables et vélléités d’interdiction pure et simple (Graas, 2014). Quant aux étudiants, ils ont généralement une perception positive de l’apport des portables à leur apprentissage (Hammer et al., 2010) et défendent leurs droits d’en faire usage en salle de cours, parfois même dans des buts non académiques1 . Quelle attitude, dès lors, adopter face au phénomène, sans tomber ni dans la politique de l’autruche ni dans la diabolisation ? Dans cette fiche-outil, nous tenterons de clarifier le débat, à la fois en posant et en décomposant clairement le problème et en nous appuyant sur les travaux de recherche consacrés au sujet. Nous nous centrerons essentiellement ici sur le cours magistral, en laissant de côté d’autres modes d’enseignement comme les laboratoires où les conditions sont différentes. Nous laisserons également de côté ici les questions spécifiques que soulève l’usage des appareils mobiles pendant les épreuves d’évaluation, qui relèvent d’une autre problématique (la fraude).

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